Les Chantiers de la Liberté

L’EUROPE A RATÉ SES « STRESS TESTS » DE L’ÉTÉ…

L’EUROPE A RATÉ SES « STRESS TESTS » DE L’ÉTÉ…

Si l’Union européenne était une banque, elle serait déjà déclarée en faillite après l’été horribilis qu’elle vient de connaître.

La liste de ses échecs face aux crises à répétition de l’été est en effet proprement accablante. On en retiendra, faute de place, que trois d’entre eux :

1 — Sécheresse et feux de forêt dans plusieurs pays, à commencer par la France. En dehors de quelques mesures symboliques, comme l’envoi de quelques renforts et même d’hélicoptères australiens (!), pas la moindre mesure n’a été prise jusqu’à présent pour préparer l’avenir : investir et mieux coordonner les moyens de protection civile. Ni Canadair supplémentaires, ni révision des politiques agricoles, ni financements indispensables pour les pompiers ou la protection des populations vulnérables (écoles, EHPAD).

Exit l’Europe qui protège.

2 — Ceuta : démonstration de la puissance de l’arme migratoire entre les mains de l’Afrique, ainsi que de la faillite totale du système Schengen, que l’on conserve sans être capable de le réformer. La panique générale à Bruxelles et dans les capitales européennes face à l’invasion surprise de l’enclave espagnole n’a abouti qu’à un gigantesque vide ! Sanchez et l’Espagne restent dans Schengen, malgré Meloni et grâce à Macron. Revenu de trois semaines de vacances aux Baléares, alors que la petite ville de Ceuta (73 000 habitants) était envahie par 100 000 migrants, Sanchez continue de régulariser 1 million de sans-papiers, dont beaucoup franchiront les Pyrénées pour profiter du généreux système social français. Pas un mot sur le Maroc, dont on tait pudiquement le rôle dans cette invasion, pas un mot non plus sur les 15 000 Marocains et Africains subsahariens qui campent toujours sur place (plus d’un mois après), mais qui finiront bien par rejoindre l’Espagne et donc Schengen… Pour mémoire, le budget de l’agence Frontex, chargée de la protection des frontières extérieures de l’Union, est doté d’un budget de 1,1 milliard d’euros, 25 fois moins que le budget consacré par les États-Unis à la protection de leur frontière sud avec le Mexique.

Exit là encore pour l’Europe qui protège…

3 — L’Ukraine et la « guerre hybride » russe. L’affaire des drones sur l’aéroport de Leipzig a, là encore, tétanisé les Européens. Le maire de la ville : « Nous sommes dans une situation proche de la guerre. » Accusations allemandes contre la Russie — pour la première fois — ; conférence de presse commune de la présidente de la Commission, Von der Leyen, avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN : « On ne tolérera pas », dit l’Allemande. Macron soutient. Et puis rien, sauf la répétition d’un terme nouveau : « la guerre hybride ». Pourtant, depuis 2022, pas moins de 151 actes de sabotage ont été publiquement attribués à la Russie, le nombre d’attaques de ce genre ayant doublé entre 2023 et 2024. L’Europe fait mine de s’étonner d’être agressée alors qu’elle proclame tous les jours et finance (220 milliards d’euros) son soutien indéfectible à l’Ukraine. La Commission, qui n’a pourtant aucune compétence sur la défense, prétend s’installer en cheffe de guerre, cela au milieu d’une pitoyable guerre de territoires bureaucratiques entre les deux dames prétendument en charge : l’Allemande Von der Leyen et sa vice-présidente chargée de la politique étrangère, l’Estonienne Kaja Kallas. Poutine, lui, répond aux livraisons de missiles et de technologie de pointe, notamment par l’Allemagne, l’Angleterre et la France, en menaçant d’aller plus loin et de s’en prendre aux installations de soutien logistique à l’Ukraine situées en territoire européen, donc OTAN. Quant à Trump, il exige des Européens le remboursement de l’aide à l’Ukraine jadis accordée par Biden, lui, et menace de cesser toute livraison d’armes, même payées par l’Europe. Mieux, Trump continue de dialoguer avec Poutine, envoyant son chef de la CIA à Moscou puis ses négociateurs Witkoff et Kushner, et accueillant le ministre russe de l’Économie au G20. Résultat : l’Europe ne sait répondre ni par les armes ni par la négociation à une spirale d’escalade qu’elle ne contrôle pas.

Exit, « l’Europe, c’est la paix ».

… Les Islandais semblent avoir compris la leçon, en refusant par référendum d’entamer des négociations d’adhésion avec l’UE. Un désaveu en forme d’échec pour Bruxelles.

 

Pierre Lellouche
4/9/26

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