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Idées et analyses sur les dynamiques politiques et diplomatiques.

La fin de la guerre de Trump en Iran : entre pantalonnade et désastre stratégique

La fin de la guerre de Trump en Iran : entre pantalonnade et désastre stratégique

Mardi 7 avril, Donald Trump a finalement trouvé la porte de sortie qu’il recherchait désespérément depuis plusieurs semaines.

Ce mardi, à 8 h 06 du matin, Trump lançait ce message apocalyptique : si l’Iran n’ouvrait pas le détroit avant l’expiration de son ultimatum à 20 h, ce même jour, alors « une civilisation tout entière allait mourir ce soir même et personne ne pourrait la ressusciter ».

Miracle : 10 heures et 26 minutes plus tard, le président des États-Unis annonçait que, grâce à la médiation du président pakistanais, une trêve de quinze jours avait pu être conclue sur la base d’un plan en 10 points présenté par les dirigeants de Téhéran, un plan considéré par Washington comme une « base de travail sur laquelle on peut négocier », l’essentiel étant que le détroit d’Ormuz serait réouvert.

Le problème est que ce que Trump va s’efforcer de « vendre » à son opinion publique tout d’abord, au reste du monde ensuite, comme le triomphe de la puissance militaire américaine sous son leadership à lui — « une victoire totale et complète. 100 %. Il n’y a aucun doute là-dessus ! » — dissimule fort mal un désastre stratégique d’ampleur historique pour l’Amérique et pour l’Occident dans son ensemble.

Désastre d’abord pour le malheureux peuple iranien, auquel cette guerre était censée fournir l’occasion de renverser le régime dictatorial des mollahs. Il y a cinq semaines, Trump appelait la population iranienne à se soulever contre la dictature sanguinaire qui l’avait prise en otage depuis 47 ans. Mais miracle : pour Trump, les nouveaux dirigeants iraniens sont « différents, plus intelligents, moins radicaux que leurs prédécesseurs ». Bref, le changement de régime a déjà eu lieu. Pour les Iraniens, malheureusement, la réalité sera tout autre. Le régime, désormais aux mains des Gardiens de la Révolution, plus radicaux encore que les religieux, a montré qu’il était capable d’absorber 13 000 frappes de la part de la première puissance militaire du monde et qu’il a survécu. Il sort de cette épreuve renforcé et plus revanchard que jamais, décidé à éliminer toute forme de contestation.

Désastre aussi sur les autres points clés à l’origine du conflit. Le nucléaire d’abord : le plan iranien retenu par Trump comme « base de négociation » inclut la totalité des exigences iraniennes depuis 20 ans : le droit d’enrichir l’uranium tout d’abord, le refus des inspections de l’agence de Vienne et des sanctions, sans parler des 450 kg d’uranium militaire toujours en Iran.

De même, le plan exclut toute limitation sur l’impressionnant programme de missiles iraniens, comme sur le soutien militaire apporté par l’Iran à ses différents « proxys ». Au contraire, les Iraniens exigent que cesse la guerre israélienne contre le Hezbollah au Liban.

Mieux, le plan iranien exige le départ de la totalité des forces américaines de la région, la fermeture de leurs bases, et le paiement de réparations de guerre...

Quant à Ormuz, l’autre arme de destruction massive désormais aux mains de l’Iran grâce à la guerre (!), selon le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, le détroit restera sous le contrôle des « forces armées iraniennes », qui décideront qui peut passer et à quel prix...

Sur tous ces points, il est plus que douteux que les négociations qui doivent se tenir à Islamabad dans les prochains jours permettent de revenir aux exigences américaines au début du conflit : abandon de tout programme nucléaire militaire sous contrôle international, limitation du programme de missiles, arrêt du soutien aux proxys et, bien sûr, liberté totale de navigation dans le détroit d’Ormuz...

Mais, au-delà, les conséquences du conflit seront pires encore : d’abord parce que les excès de Trump, ses allers-retours permanents, les menaces sur l’éradication d’une civilisation tout entière ont profondément abîmé, ruiné même, l’image des États-Unis comme le garant, le protecteur d’un ordre international fondé sur un minimum de droit. Le monde de Trump n’est rien d’autre qu’un état de jungle soumis à la loi du plus fort et aux foucades de son chef. Pour de très nombreux pays dans le monde, y compris parmi les alliés européens, l’Amérique n’est plus la solution : elle fait partie du problème, elle est le problème.

Deuxième conséquence désastreuse, à plus long terme : la fin du système de sécurité au Proche-Orient. Les monarchies arabes en particulier, qui, depuis 1945, avaient fondé leur sécurité sur les États-Unis en échange de pétrole, ont brutalement découvert qu’elles sont totalement vulnérables aux frappes de leur voisin iranien et qu’en fait, c’est l’Iran qui désormais domine toute la région. L’Amérique n’a pas pu vaincre l’Iran, dont la tactique de guerre asymétrique a, de fait, triomphé. Et les gratte-ciel de Dubaï ne sont qu’autant de mirages posés sur le sable... Quant aux Européens, ils ont été totalement absents, et les Arabes s’en souviendront.

Troisième conséquence désastreuse, à long terme : l’implosion du lien atlantique. Pour la première fois, c’est l’ensemble des Européens qui ont refusé de s’associer à la guerre de Trump, en revendiquant le droit, non seulement d’être neutres, donc spectateurs d’une Histoire qui les concerne pourtant au premier chef, mais aussi « le privilège du non-combattant », selon la formule de Peter Sloterdjijk. Un privilège qui condamne à terme l’Europe à la soumission.

Au total, si, à l’issue des négociations, la guerre d’Iran devait se terminer par le maintien d’un régime revanchard et nucléaire à Téhéran, contrôlant la jugulaire de l’économie mondiale, avec, de surcroît, la rupture du pacte de sécurité dans la région et l’implosion de l’alliance atlantique, alors les conséquences de cette guerre seront gravissimes et potentiellement historiques.

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M
Monsieur le Ministre,<br /> <br /> Je complète mes 3 derniers commentaires et réagis à vos 3 derniers articles, en même temps. Ça va donc être long, mais je ne sais pas comment dire tout ça en 3 phrases…Tout se tient.<br /> <br /> Le monde n’est pas un laboratoire. On ne peut pas y prendre une décision, ceteris paribus. Chaque action provoque une réaction, voire une réaction en chaîne, un engrenage.<br /> Le monde est connecté.<br /> La souveraineté c’est bien. Dans la « mondialisation heureuse » nous sommes allés trop loin. Par contre, l’autarcie complète a un parfum de Khmers rouges et peut mettre un pays dans une situation comme à Cuba à des moments, où la population se voyait contrainte de manger des peaux de bananes grillées…<br /> <br /> Le 10 décembre 2023, dans une interview intitulée « Ukraine. L’impasse et isolement », vous aviez dit ceci :<br /> « De deux choses l’une : si l’on reste à la rhétorique qui consiste à en finir avec le poutinisme, lequel constituerait une menace existentielle contre l’Europe – ce que je ne crois pas –, alors il n’y a pas d’alternative, il faut que l’Europe entière se mette en économie de guerre et que nous nous préparions à la guerre. Si l’on pense au contraire – comme c’est mon cas – que la question ukrainienne peut être réglée en tenant compte des intérêts de la Russie, alors la solution diplomatique est possible .Elle avait d’ailleurs été proposée par les Russes en décembre 2021, avant le début de la guerre : c’est-à-dire un statut de neutralité pour l’Ukraine et un accord sur le statut fédéral de la partie orientale de l’Ukraine sur la base de l’accord de Minsk, la Crimée restant dans la Russie. »<br /> <br /> Vous aviez mille fois raison et, oui, ce n’était pas plus compliqué que cela. La seule solution sensée était celle de la diplomatie. Avec le prolongement de cette guerre néfaste, nous avons rendu la situation plus complexe et il y eu des centaines de milliers de morts et de blessés, et le bain de sang se poursuit.<br /> Sans cette guerre, le Hamas n’aurait peut-être jamais osé attaquer Israël le 7 octobre 2023…<br /> Le Haut Karabakh n’aurait pas été sacrifié sur l’autel de cette guerre non plus…il n’y aurait pas eu de nettoyage ethnique. Même s’il y a eu des accords de paix signés en 2025, la quasi-totalité de la population arménienne a été contrainte de quitter ses terres ancestrales dans le Haut Karabakh, et désormais lieux de culte, cimetières et autres symboles chrétiens y sont détruits par un Azerbaïdjan majoritairement musulman.<br /> La Chine profite de la situation sur tous les fronts.<br /> Malgré nos 19 paquets de sanctions - qui nuisent à l’Europe, l’appauvrissent, la déstabilisent - nous n’avons pas mis l’économie russe à genoux, la Russie n’est nullement isolée sur la scène internationale, et a obtenu—péniblement soit- des avancées territoriales dans cette guerre.<br /> L’Ukraine est en moins bonne posture maintenant qu’à l’époque.<br /> Et l’Ukraine n’a plus les moyens de poursuivre cette guerre inutile. Zelensky exige donc des aides militaires et financières supplémentaires toujours plus importantes de l’Europe. Et en même temps, il signe des accords au Moyen-Orient et veut vendre des armes et des équipements militaires dans la région…comme c’est curieux…<br /> Les Américains continuent de soutenir les Ukrainiens en leur fournissant notamment du renseignement militaire pour pouvoir frapper la Russie en profondeur.<br /> La Russie leur renvoie l’ascenseur en fournissant du renseignement militaire à l’Iran.<br /> Tout cela n’est pas bon du tout….<br /> Nous aurions dû profiter du cessez-le-feu au Moyen Orient et de la trêve de la Pâque orthodoxe, pour sérieusement reprendre des négociations de paix avec la Russie.<br /> Mais, Ursula von der Leyen et ses acolytes de la « coalition des volontaires », Emmanuel Macron en tête, ne voudront jamais…<br /> Il faut le dire aussi, les conditions russes qu’il fallait prendre en compte pour éviter et puis arrêter cette guerre en Ukraine, étaient loin d’être extravagantes.<br /> Premièrement, la neutralité de l’Ukraine.<br /> La neutralité d’un pays n’est pas une tare. Bien au contraire. Souvent la neutralité évite qu’une guerre ait lieu sur le territoire dit neutre. Et, souvent des pays ont pu tirer profit d’une telle situation. La Suisse, pourtant un tout petit pays, par exemple, a su tourner sa neutralité à son avantage.<br /> Le Donbass.<br /> Bon, les accords de Minsk n’avaient pas été respectés par Kiev dans le sens où un statut fédéral n’y avait jamais été accordé. On aurait, éventuellement, pu plaider pour un référendum dans le Donbass, même si une telle situation paraît compromise aujourd’hui avec ce qui s’y passe …L’Ukraine va être contrainte de faire des concessions si nous voulons rétablir la paix une bonne fois pour toutes. Il convient de constater que le Donbass est historiquement russe et russophone, et que ce qui y a mis le feu aux poudres en 2014 était notamment l’interdiction de la langue russe par Kiev…<br /> La Crimée.<br /> Elle a été de facto rattachée à la Russie en 2014. Il y a eu un référendum dans ce sens-là et 96 % des votants s’étaient exprimés en faveur de ce rattachement. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy en 2015 « ils ont choisi la Russie, on ne peut leur reprocher »…<br /> Quant à l’intégration de l’Ukraine dans UE, l’Europe n’a tout simplement pas les reins assez solides pour faire cela. Et l’Ukraine ne remplit pas les conditions nécessaires…on y dénote un déficit de démocratie, une corruption sans commune mesure et un état de faillite économique.<br /> Mais Ursula von der Leyen en rêve quand même….et Vladimir Poutine va peut-être lui faire ce cadeau empoisonné.<br /> Reste la question de l’OTAN.<br /> Evidemment, l’Ukraine ne doit pas intégrer l’OTAN.<br /> C’est une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir vis-à-vis de la Russie. Déjà l’élargissement débridé en sa direction (passant de 12 au départ à 32 membres aujourd’hui) et les activités américaines sur le sol ukrainien avant la guerre, ont fait croire à la Russie que ses intérêts vitaux étaient menacés. L’Administration Biden voulait que la Russie tombe dans ce piège parce qu’elle voulait rompre le lien entre l’Europe et la Russie au moyen de cette guerre ainsi déclenchée. L’élément clé était le gaz russe. Il s’agissait de couper l’UE des hydrocarbures russes pour renforcer l’hégémonie américaine. Sauf qu’ils avaient oublié les Chinois dans cette équation, car la Chine n’a pas hésité à profiter de la situation avec surtout la vassalisation progressive de le Russie et la promotion du « Green Deal » en Europe - avec l’inondation du marché avec des éoliennes, des panneaux solaires, des voitures électriques, des pompes à chaleurs, etc. Made in China dont la fabrication nécessite des aimants et des terres rares que la Chine transforme dans une position de quasi-monopole…nous sommes donc très, très loin de la souveraineté française prônée par nos dirigeants.<br /> Ursula von der Leyen après l’élection de Donald Trump a failli pleurer à Davos et y a indiqué qu’il fallait désormais se tourner vers la Chine…<br /> La même Ursula von der Leyen qui nous dit, que c’est elle qui tient la caisse à Bruxelles et que les décisions lui appartiennent…<br /> L’OTAN n’est pas une solution miracle non plus.<br /> Une alliance, ou des alliances peuvent peut-être éviter des guerres. Le contraire est vrai aussi. L’attentat de Sarajevo en 1914 a précipité une guerre mondiale justement à cause d’un jeu d’alliances qui a fini par opposer les uns aux autres…<br /> Ensuite quelles garanties l’OTAN est censée apporter ? Dans quelles circonstances ?<br /> En 1974, la Turquie a envahi Chypre, un Etat européen. Le nord de l’île reste occupé par la Turquie encore aujourd’hui. L’OTAN n’a rien fait. Des casques bleus gardent la « ligne verte »…<br /> La Turquie dispose d’ailleurs de la deuxième armée la plus conséquente après les Etats-Unis au sein de l’OTAN. Il ne faut pas l’oublier. De ce fait, et parce qu’il y a presque 3 millions d’habitants d’origine turque en Allemagne, la Turquie a parfois su faire pression sur l’Allemagne…<br /> Dans le conflit ukrainien, l’OTAN s’est impliquée, a fait bloc derrière Ursula von der Leyen et l’UE pour soutenir Zelensky, alors que l’Ukraine n’est pas dans l’OTAN.<br /> Dans le conflit iranien, c’est le contraire, alors que des bases de membres de l’OTAN ont été ciblées.<br /> Ni l’Europe, ni l’OTAN n’ont répondu à l’appel au secours de Donald Trump.<br /> Les mêmes, qui sont tellement volontaires en Ukraine aujourd’hui, et qui ont suivi l’Administration Biden aveuglement, ne veulent absolument pas venir en aide à l’Administration Trump dans le contexte du conflit au Proche et Moyen Orient. Et encore moins aux Israéliens.<br /> Pourquoi ? C’est incompréhensible…<br /> Aujourd’hui, nous sommes donc face à un cessez-le-feu censé tenir 15 jours…<br /> Islamabad était allé chercher la délégation iranienne en Iran et la délégation américaine menée par J.D. Vance était arrivée au Pakistan le week-end dernier où des négociations directes se sont tenues. Probablement pour prendre la température, pour voir si une capitulation du moins partielle de l’Iran pourrait être obtenue. On découvre donc que le régime iranien reste toujours aussi intransigeant et au bout de près de 21 heures de négociations, c’est l’échec. J.D. Vance était aussitôt reparti.<br /> Les objectifs restent et doivent rester les mêmes.<br /> L’Iran ne doit pas accéder à la bombe atomique et les 450 kilos d’uranium clandestinement enrichis par les mollahs doivent être retrouvés. L’Iran pourrait être capable d’utiliser la bombe, d’exercer du chantage avec, et déclencher l’envie dans la région de s’en doter aussi. Ce serait une prolifération très dangereuse qui doit absolument être évitée.<br /> L’Iran ne doit pas avoir de missiles non plus. Actuellement, l’Iran a bien illustré qu’il utilise ses missiles sans scrupules, de façon indiscriminée, en frappant aussi bien des cibles militaires et civiles, chez ses voisins, et en Israël. L’Europe se trouve à portée de missiles iraniens et des bases européennes et américaines ont déjà été prises pour cible. Le régime essaie de prendre en otage toute la région.<br /> Le détroit d’Ormuz doit être ouvert et libre au trafic maritime, comme tout détroit naturel sur notre planète. Si l’Occident laissait l’Iran mettre en place un péage de façon pérenne au niveau du détroit d’Ormuz, ce qui s’apparenterait à de l’extorsion, cela ouvrirait une autre boîte de Pandore. Cela pourrait inciter d’autres à faire pareil, comme, par exemple, les Chinois dans le détroit de Taïwan, déjà convoité par ces derniers. Le canal de Suez et le canal du Panama échappent à la règle parce que nous les avons creusés. (La France s’est d’ailleurs fait avoir dans ce coup, mais il est bien trop tard pour pleurer cela maintenant…)<br /> L’Iran et ses proxys doivent cesser toute activité terroriste dans le monde.<br /> Il convient de noter que la pieuvre de Téhéran avec ses tentacules se nourrit aussi du trafic de drogue international, et ses tentacules s’étendent jusqu’en Amérique du Sud. Le Venezuela de Maduro était un acteur important en lien avec tous ces trafics.<br /> Les proxys iraniens doivent être totalement désarmés et mis hors d’état de nuire et il ne sera pas facile de faire cela.<br /> Au Liban, Israël s’attelle à cette tâche ingrate, sous les critiques d’une grande partie du monde médiatico-politique international.<br /> Depuis plus d’un an, le Liban s’est une nouvelle fois engagé à désarmer le Hezbollah. Sauf que les Forces armées libanaises sont faibles. Le Liban, libanisé, naufragé, économiquement en faillite, rongé par la corruption aussi, est complètement infiltré par le Hezbollah. Pas facile de s’en défaire.<br /> Suite à l’élimination d’Hassan Nasrallah, à l’affaire des bipeurs et aux bombardements israéliens assortis, le Hezbollah avait été considérablement affaibli. Mais, entre-temps, le régime Iranien l’a réapprovisionné en armes et en argent. Un cercle vicieux.<br /> On nous explique qu’il y a un lien ancestral entre la France et le Liban. Admettons. Pourquoi la France ne prête-t-elle donc pas main forte à Israël pour délivrer le Liban du Hezbollah ? Même Joseph Aoun, le président du Liban, aurait un ou deux conseillers du Hezbollah dans son entourage… <br /> Il faut donc assécher les ressources du Hezbollah et aussi des autres proxys. Comme ça les Houthis ne pourraient plus poser d’entraves au trafic maritime en mer Rouge, par exemple. Et pour ce faire, il faut assécher les ressources du régime iranien lui-même une bonne fois pour toutes.<br /> Suite au blocage d’Ormuz par les Iraniens, les Américains mettent donc maintenant en place un blocus naval contre les Iraniens. C’est très habile comme manœuvre. Ça risque, par contre, d’énerver les Chinois. Presque 90 % du pétrole iranien est exporté vers la Chine, et la Chine fournit l’Iran en équipement militaires de toute sorte (même pour son programme balistique) encore à l’heure actuelle…<br /> Mais, si le blocus naval fonctionnait, le régime iranien se verrait coupé de sa principale source de revenus.<br /> Le terreau sur lequel prospèrent la tyrannie et le terrorisme iraniens pourrait ainsi être asséché. Sans l’export du pétrole – et même s’il a planqué des tankers au loin avec des cargaisons de pétrole non-négligeables (2 ou 3 mois de réserves, dit-on), la source se tarirait à terme. En plus, le régime a déjà subi plusieurs décapitations et est militairement affaibli suite aux interventions américano-israéliennes. Privé de sa manne pétrolière, le régime pourrait enfin tomber quand même… <br /> <br /> Et, il ne faut pas oublier le peuple iranien. Les mollahs ont massacré presque 40 000 personnes en un week-end récemment. La répression ne s’est pas arrêtée. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, continuent de tuer leurs opposants…<br /> Le peuple iranien, comme tout peuple, aspire à la liberté.<br /> Le régime totalitaire et sanguinaire iranien qui malmène son peuple depuis 47 ans doit donc tomber.<br /> <br /> Quant à Donald Trump, on peut ne pas apprécier sa coiffure. On peut ne pas apprécier certains de ses éléments de langage. On peut ne pas apprécier le flou artistique qu’il entretient –peut-être exprès…<br /> Parfois, il faut dé-zoomer. Voir la situation dans sa globalité.<br /> Si le régime iranien - malgré son fanatisme - avait pu constater que tous, l’UE, l’OTAN, l’Occident nous soutenions, faisions bloc, derrière l’Administration Trump, et derrière les Israéliens, alors il se serait peut-être vu dans une position de faiblesse telle qu’il se serait vu contraint de capituler à l’issu des négociations d’Islamabad… <br /> Les efforts américano-israéliens partent d’un bon sentiment et nous devrions les aider…<br /> Le sauvetage et l’exfiltration du deuxième pilote américain en Iran a été un coup de maître incontesté, avec une scénographie digne d’un blockbuster hollywoodien, d’autant plus qu’il ne s’agissait pas d’une pure communication, mais d’une opération réelle couronnée de succès.<br /> C’est la démonstration de certaines capacités américaines.<br /> Pendant les négociations d’Islamabad, un autre fait s’est produit, que l’on jugera peut-être de coup de génie plus tard. Les Américains ont notamment su introduire deux de leurs destroyers dans le Golfe persique…Pour déminer, dit-on. Mais il n’y a peut-être même pas de mines. Il suffit de dire qu’il y en a, et les assureurs ne veulent plus assurer les bateaux naviguant dans la zone. Donc le régime iranien a éventuellement utilisé cette rumeur pour déstabiliser le commerce international, pour nuire davantage. Une mine flottante ne choisit pas sa cible et pourrait donc aussi endommager ou couler un bateau iranien ou chinois…<br /> Donc quand les Américains ont glissé les destroyers dans le Golfe persique il s’agissait très probablement d’un acte bien calculé dans le contexte du blocus naval américain et de la poursuite de cette guerre, qui se poursuivra si le régime iranien refuse d’obtempérer. La capitulation du régime iranien actuel est nécessaire si nous voulons aller vers un monde meilleur, plus apaisé.<br /> <br /> Nul ne connait la suite des événements…<br /> <br /> Marion Winter, le 15/04/2026
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M
Monsieur le Ministre, cher Pierre Lellouche,<br /> Une fois de plus, une fois encore,votre analyse est d'une justesse et d'une pertinence qui font frémir de dépit et d'angoisse. Car le monde et son avenir sont aux mains de trois dirigeants pour le moins inquiétants. Entre un Trump versatile, instable, excessif, et finalement indéterminé et incompréhensible dans ses objectifs, un Poutine plus dictateur, plus inflexible, et plus impérialiste que jamais, et des dirigeants européens qui semblent n'avoir rien compris aux enjeux décisifs de cette guerre et qui regardent passer l'histoire comme les vaches regardent passer les trains, on ne peut que trembler en imaginant les conséquences redoutables que ce trio infernal nous promet: un engrenage où la stabilité géopolitique du monde risque d'être broyée toute entière, et pour longtemps..<br /> <br /> Jean-Pierre Matière
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