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Le grand effacement : la France de Macron et les guerres d’Orient

Le grand effacement : la France de Macron et les guerres d’Orient

Il fallait sauver les apparences. Montrer que la France continue de peser dans les grandes affaires du monde, y compris sur les guerres du Moyen-Orient, à la fois si proches et si vitales pour nous.

Vendredi dernier, Emmanuel Macron, adossé à son compère Keir Starmer, avait donc ressorti la formule de la « coalition des volontaires », inaugurée — sans guère d’effets — pour la guerre d’Ukraine. Cette fois, la conférence de Paris, réunissant en visio pas moins de trente chefs d’État « non belligérants », devait porter sur « la sécurisation du détroit d’Hormuz », mais une sécurisation qui n’interviendrait qu’après la fin des combats. Sans se douter que cette conférence, censée montrer la mobilisation des Européens, serait rattrapée par les événements sur le terrain et confirmerait, in fine, leur totale impuissance.

Par une heureuse coïncidence, en effet, au même moment, l’Iran, satisfait du cessez-le-feu de dix jours signé la veille sur le Liban, annonçait la réouverture « complète » du détroit d’Ormuz pendant la durée du cessez-le-feu ; une nouvelle immédiatement saluée par Donald Trump, qui, cependant, maintenait son blocus à lui, jusqu’à la conclusion d’un accord sur la dénucléarisation de l’Iran.

Le problème est que l’enchaînement même de ces événements montre à quel point la France, comme ses partenaires européens, ont été littéralement effacés des guerres d’Orient, réduits au rôle de voyeurs-commentateurs d’une crise gravissime qui les concerne pourtant au premier chef.

Ainsi, la fragile trêve négociée avec Téhéran, via Islamabad, résultait — comme la guerre elle-même — d’une décision prise par Trump, et lui seul, sans la moindre consultation des alliés européens. Quant au cessez-le-feu entre le Liban et Israël, il avait, lui aussi, été préparé à Washington, deux jours auparavant, lors de la réunion « historique » des ambassadeurs des deux pays sous la présidence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Son annonce, dès le lendemain, résultait là encore de la très forte pression exercée par Trump sur Netanyahou, alors que ce dernier, soutenu par son opinion publique, voulait à toute force continuer le combat jusqu’à l’élimination complète du Hezbollah.

Le grand effacement de la France et de l’Europe, par rapport aux États-Unis, est donc acté publiquement des deux côtés. Sur l’Iran, la France a rejoint l’Espagne sur une position de neutralité militante, allant jusqu’à l’interdiction du survol ou de l’utilisation de ses bases aériennes par l’US Air Force.

Une position plus que discutable dès lors que des installations militaires françaises dans les Émirats ont été attaquées par l’Iran, que l’un de nos soldats a été tué en Irak par un drone tiré par une milice chiite actionnée par l’Iran, et qu’un autre, appartenant à la FINUL, a été tué — le lendemain de la réunion de Paris — par le Hezbollah au Liban. Cela sans parler des conséquences économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz, toujours par l’Iran ; du fait que ce pays dispose d’un arsenal de missiles potentiellement nucléaires capables d’atteindre Paris et d’autres capitales européennes ; ou encore des prises d’otages et autres actes terroristes commis en Europe par le même régime iranien.

Insister, comme le fait Macron, sur la posture « purement défensive » de la France a certes le don d’exaspérer Trump, mais ne suffit pas à dissuader l’agresseur… Si l’on peut comprendre, au vu du caractère — disons erratique — du président américain, qu’il est sans doute préférable de se tenir à distance de certains de ses choix en matière géopolitique, la neutralité n’est pas non plus la meilleure façon de peser sur le cours des événements, surtout quand ils nous concernent directement. Une telle neutralité n’est-elle pas d’abord l’aveu de la faiblesse militaire du pays (et de l’Europe entière, d’ailleurs), comme en témoigne la vraie-fausse « actualisation » de la loi de programmation militaire 2024-2030, faute de moyens financiers, l’essentiel des acquisitions étant reporté à 2035…

Quant au Liban, si cher à la France, chacun a pu mesurer la vacuité des leçons de démocratie assénées par Macron à la classe politique de Beyrouth en 2020, ou encore de ses appels renouvelés au cessez-le-feu, ignorés par le Hezbollah et désormais inaudibles en Israël, au vu de la dégradation de nos relations avec l’État juif. Pour peser sur une situation de ce type, mieux vaut être respecté des deux côtés. Or la France de Macron ne l’est plus.

À chacun son ouverture. Tandis que se tenait la conférence des « volontaires » pour débloquer Ormuz, le gouvernement français s’occupait, lui, de débloquer les échoppes des boulangers et des fleuristes le 1er mai. La veille, le maire nouvellement élu de La Courneuve déployait, sous les caméras, un drapeau palestinien sur le fronton de sa mairie, cela au moment où la proposition de loi Yadan sur la pénalisation de l’antisémitisme était enterrée à l’Assemblée nationale… Dès le lendemain, Téhéran annonçait que le détroit d’Ormuz serait à nouveau bloqué…

Pierre Lellouche — 17/4/26

 

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M
Magnifique illustration. Et quelle tristesse, en effet…<br /> A en croire les dernières nouvelles qui nous sont parvenues d’Arménie, notre cher Président se portera peut-être candidat au prochain Concours du Grand Prix de l’Eurovision…<br /> <br /> Marion Winter, le 06/05/2026
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